Blog 'N' Roll

       On le sait tous: la vie est semée d'embuches qu'il faut savoir surmonter avec force classe et élégance. Car malgré tout le progrès et toute l'évolution, si nous n'étions pas guidés par notre instinct de survie animal, ce serait encore plus compliqué. Petit exemple: l'invention du métro est une invention capitale dans notre société moderne. Trop souvent bondé, il faut pourtant savoir faire preuve d'un instinct de survie démesuré pour s'y faire une place afin de ne pas arriver au boulot trop en retard. C'est pourquoi on peut être amené à pousser gentiement la mémé devant nous hors de la rame pour prendre sa place. Conscient de notre lâcheté, on se rassure en se disant qu'elle aura le prochain et que de toutes façons, elle n'a pas d'horaires fixes.


         Vivant aussi dans la jungle, à notre échelle, cet instinct de survie nous est également inculqué dès notre plus jeune âge, celui où, livrés à nous-mêmes sans protection, nous sommes obligés de survivre dans un environnement hostile, entourés d'individus qui, comme vous, cherchent à survivre. C'est à cet âge-là qu'on joue avec des G.I. Joe, pour mieux imprimer leurs techniques et s'inspirer de leur combativité. Cet âge-là, c'est l'époque de l'école.



       Comme les G.I. Joe, à l'école, on commence d'abord par se trouver un ennemi commun. C'est la période dite "du jeu d'équipe" où tous ligués nous faisons front face aux claques de la vie au collège. L'ennemi commun, le Cobra, c'est bien entendu le prof, grand dispenseur de sanctions et d'humiliations. Dans ces premiers instants, l'élève se doit d'appliquer les techniques de camouflage les plus élaborées. Comme un G.I. Joe sans baïonnette, l'élève-qui-n'a-pas-fait-ses-devoirs est désarmé et désabusé. Afin de ne pas passer pour un lâche au combat en séchant tout simplement les cours, le G.I Joe dépouillé mais téméraire se doit de faire face, pour la communauté...


   L'âme en peine, l'élève-qui-n'a-rien-branlé chez lui peut opter pour plusieurs techniques afin de tromper la vigilance du Cobra. Dans un premier temps, il peut faire comme si son arme était chargée mais enraillée, en fouillant dans son sac pendant un temps exagéré. Sinon, il peut tenter le camouflage, en sortant une feuille d'exercices qui n'a rien à voir avec ce qui était à faire. Il faut alors parier que les sentinelles ennemies ne s'approchent pas de trop près. Enfin, il peut jouer la carte du Run'N'Hide en se cachant derrière le plus grand de la classe, penché sur sa feuille à transpirer de grosses gouttes de sueur.

     Quand il se fait quand même pincer, l'élève-qui-a-préféré-mater-la-télé-la-veille est comme un G.I. Joe: muet, immobile, et incapable de bien articuler.


      Pas de repos pour les braves. Survivre, c'est aussi se battre pour sa pitance. Et comme dans les douches à l'armée: le premier arrivé est le premier servi. Alors le G.I. Joe scolaire n'hésitera jamais à donner des coudes ou à se servir de sa force physique pour s'imposer dans la queue de la cantine ou pour choper la dernière part de pizza froide. La queue de la cantine devient un no man's land, un endroit où la loi n'existe plus. Les filles se font marcher dessus, les faibles à lunettes écrasés, bref: c'est un carnage, comme quand on est envoyé en première ligne au front. A l'école, "survivre", c'est "survivre aux autres".


    Comme les G.I. Joe, les traumatismes de guerre ne se font ressentir qu'après. Pareil que le syndrome post-Vietnam qui a fait de Rambo un homme seul et désabusé.
Toujours vivant et tentant de trouver une place dans le monde, vous approchez cette fille splendide, qui sirote un verre de blanc au fond du bar. Tel le G.I. Joe en perm', vous montrez vos biceps en essayant de vous trouvez des points communs avec elle. 
      Vous finissez par en trouver: c'est la petite Sandrine, que vous écrasiez systématiquement à la cantine et à qui vous voliez régulièrement son yaourt. C'est la même petite Sandrine que vous balanciez quand vous n'aviez pas fait vos devoirs. C'est la même petite Sandrine qui se venge en vous envoyant son verre dans la gueule en hurlant "Pour ces années de guerre!". Blood and Guts.



  
Ven 6 nov 2009 1 commentaire
La vie est une jungle, je l'ai toujours dit !
Mado - le 06/11/2009 à 16h53
Clair, c'est la Jungle Fever tous les jours!
Nico