Blog 'N' Roll
Pour se sentir bien dans la Nature, l'Homme a commencé par se sédentariser. Ben oui: à un moment donné, ça l'a saoulé de bouger tous les trois jours pour suivre les troupeaux d'animaux. Pas (complètement) con, il a compris que les troupeaux, ça va ça vient, et en grand flemmard de la vie, il a posé son cul à un endroit et attendu que ça vienne. C'est alors qu'il a créé des villes pour qu'on puisse s'amasser et se marcher dessus, jusqu'à ce que certains (plus aventuriers que les autres) se décident à bouger à leur tour et à construire d'autres villes, un peu plus loin.
Pour kiffer encore un peu plus la vibe, en plus de créer des villes, il a créé des bars, des écoles, des clubs de foot, et encore plus tard: Paris Hilton. Cela dit, en créant tout ça, il ne s'attendait peut-être pas à créer quelque chose de plus désagréable: le mal du pays. Oui, après tout le mal qu'il s'est donné pour se sentir bien quelque part, il en devient d'autant plus difficile d'en bouger.
Expérience.
Bouger de chez soi a quelque chose de super
excitant, à la base. On se dit qu'on court vers de nouvelles aventures, qu'on va pouvoir se perdre dans des endroits inconnus, visiter et pourquoi pas, rencontrer des gens sympas dont on ignorait
l'existence. Après tout, je ne sais plus si c'est Charles de Gaulle ou Clara Morgane qui a dit "Je regarde toujours devant, jamais derrière". On déménage toujours avec ce petit goût d'inédit et
des yeux intrépides et confiants.
Effectivement, quand on arrive dans un endroit nouveau, on est d'abord tout émerveillé, comme si on retrouvait des yeux d'enfants (ou d'alcooliques). Tout est beau, tout est magique, même le moindre petit truc. En arrivant à Paris, j'étais impressionné de voir que les portables captent dans le métro, et je m'amusais à appeler mes potes seulement quand j'étais dans le métro, juste parce que putain, c'est quand même dingue cette histoire, de capter dans le métro. Vous vous sentez un peu comme un étranger: vous vous perdez tout le temps, et les gens trouvent bizarre votre façon de parler.
Au bout de quelques temps passés à Paris, on finit par s'en accomoder. On reste ébahi par la richesse culturelle de la ville, le nombre de lignes de métro, tous ses plans-sortie et ses stars qu'on peut croiser dans la rue. On ne s'étonne plus de ne pas arriver à accoster une parisienne qui fait du shopping rue de Rivoli. On s'habitue même au temps capricieux de Paris qui veut qu'il pleuve sans prévenir où que parfois, on ne voit pas le soleil de la journée. Si on aime le PSG, on peut même le dire haut et fort sans se faire insulter, c'est dire.
Et puis soudain, au moment où vous commencez vraiment vivre Paris, vous prenez une claque.
Cela commence par un matin particulièrement doux, qui vous rappelle les températures d'automne place du Capitole. Et puis ça continue quand vous allez faire quelques courses chez Franprix, et que vous entendez Claude Nougaro passer sur Nostalgie (véridique). L'émotion commence à vous gagner, vous, exilé toulousain au rayon des conserves d'un Franprix. Vous fredonnez avec l'accent. Parce qu'à Toulouse, personne ne se moque de l'accent du Sud...
Ca continue le soir, devant le match de rugby, quand vous revoyez le Stadium de Toulouse, ce Stadium devant lequel vous passiez si souvent. Devant la télé, vous vous enfilez des bouteilles de Cahors en admirant vos chers guerriers toulousains de l'Ovalie. Ces mêmes rugbymen qui vous tapaient super fort dans le dos quand vous alliez place Saint-Pierre, finalement, vous les aimez. Par écran interposé, vous ressentez une nouvelle fois la chaleur du Sud, et quelques "Toulousaing, toulousaing" vous échappent même en voyant Servat désosser Matfield.
Ohh Toulouse...
Tout est à refaire.
Sam 14 nov 2009
1 commentaire
Ca va, Toulouse, ce n'est pas le bout du monde, non plus ! TU peux y retourner le week end :-)
mado - le 14/11/2009 à 18h10
Tu sais c'que c'est, "si proche, si loin" (ou l'inverse? ;) )
Nico