Blog 'N' Roll
Comprendre l'évolution, c'est aussi comprendre la mode. La mode, c'est ce cycle (à la limite du cercle vicieux) qui veut qu'on ne peut pas tout le temps s'habiller comme on le voudrait, et qui décrète des trucs très arbitraires du genre "pas de chaussettes blanches avec des pantalons". Grosso-modo, il y a deux courants successifs: la mode printemps/été, et la mode automne/hiver. Pas facile pour l'Homme du monde, toujours avide de connaissances, de s'y retrouver. Heureusement, il peut quand même souffler de temps en temps, un jour par semaine: le dimanche.
Le dimanche, dans une semaine, est un jour très à part. Au-delà des considérations chrétiennes, le dimanche est le jour où pratiquement personne ne bosse, passe sa
matinée devant TF1 et son après-midi devant France 2. L'impact du dimanche sur le moral de l'Homme du monde est considérable: c'est un jour de grasse matinée, où on mange gras en famille le
midi avant de faire la sieste sans aucun état d'âme. D'un point de vue mode et relooking, le dimanche botte le cul des exigences de la mode, pour le plus grand désespoir des créateurs de
mode.
Car la mode, bien que présente dans tous les compartiments de la vie quotidienne, n'a aucune prise sur l'Homme quand on est dimanche. Contrairement à la course au looking de la semaine, le dimanche est un jour d'under-looking (sous-looking en français), où enfin, se saper en Kiabi est plus tendance que du Jean-Paul Gaultier. Le dimanche, enfin, pour cause d'inactivité sociale, je peux moi aussi sortir mes habits d'apparat. Confession Intime.
Dans mon jogging Prince (une marque qui n'existe plus), je me sens bien, je me sens moi. A l'aise dans mes mouvements, mon jogging Prince me permet de me vautrer
dans mon canapé devant la télé en toute sérénité. Grâce à mon jogging Prince, je retrouve les sensations bestiales de l'Homme du monde un peu rebel. A l'écoute de mes exigences animales, mon jogging Prince sait se plier et se faire magnanime quand j'ai besoin de me gratter le cul ou de
le déformer en m'amusant à l'étirer pour me réchauffer les pieds. Contrairement à certaines fringues qui exigent des
lavages à froid, ou ne supportent ni le sèche-linge ni le fer à repasser, mon jogging Prince ne demande qu'un lavage par mois.
Dans mon T-shirt Derby (une marque disponible dans tous les bons Monoprix), je me sens bien, je me sens moi. D'un tissu agréable en pure matière synthétique au
doux parfum de coton, mon T-shirt Derby m'accompagne dans tous mes mouvements du dimanche: allumer la télé, dormir, se sentir les bras. Mon T-shirt Derby, c'est un peu comme ma mémoire du
dimanche: grâce à ses multiples tâches de vin ou d'huile, je me rappelle avec nostalgie mes meilleurs instants dominicaux. Lavé toutes les deux semaines, je retrouve avec son odeur le best-of
de la semaine passée.
L'under-looking, au-delà d'un aspect vestimentaire
complètement maîtrisé, c'est aussi savoir s'imposer une hygiène corporelle reprochable. Après une semaine passée dans la classe et le goût, qu'il est doux de retrouver son odeur d'Homme
dominant, masquée la semaine durant par du déo et une touche de CK One. Qu'il est bon de tester son haleine et de se dire "Oulala" sans pour autant faire quoi que ce soit pour y remédier à part
allumer une clope.L'under-looking s'est donc imposé de par lui-même dans le quotidien de l'Homme moderne qui, par ce biais, manifeste son désaccord avec la course au paraître semainier. L'under-looking, c'est avoir le courage d'assumer son caractère animal en se contentant, au moins une fois dans la semaine, du strict minimum de la survie: manger, boire et dormir.
L'Homme under-looké, paré pour faire face à toutes les situations d'inactivité, en sort toujours grandi.
Dim 22 nov 2009
1 commentaire
La femme under-lookée, elle porte un pyjama en pilou ou un jogging en éponge... La classe, quoi !!!
mado - le 23/11/2009 à 00h10
Splendide, l'Under-looking, c'est "L'autre classe-attitude"
Nico