Blog 'N' Roll

1856 photo fiche perec georges       Contrainte littéraire propre au mouvement de l'OuLiPo (Pérec, Queneau et leurs copains) le Lipogramme consiste à écrire un texte en omettant une ou plusieurs lettres. Par exemple, la Disparition de Pérec est un roman écrit intégralement sans la lettre E (balèze). Le Lipogramme, c'est donc se forcer à ne pas écrire ou à ne pas dire. Dans la vie de tous les jours, cela peut s'avérer utile quand, excédé, on retient toute notre hargne en la canalisant. D'un point de vue littéraire, Pérec soutenait que "de la contrainte naissait la liberté".  Ca peut peut-être marcher dans la vraie vie. Tentative en A, comme la ligne du RER qui était en grève aujourd'hui, et pour encore longtemps...



rer     Décidément, Lutèce et notre technologie moderne forment une union souvent non loin du divorce. On le construisit pour nous rendre l'existence plus simple et en fin de compte, c'est une misère de tous les jours. Qu'il soit bondé ou trop lent, il ne nous rend que trop peu souvent heureux... Curieusement, c'est dès qu'on ne le trouve guère que nous voudrions qu'il soit présent. Terrible jeudi noir: notre première ligne de RER est en grève illimitée. C'est tellement quelque chose qui horripile, une grève du RER, que je préfère donc éviter de composer cette lettre.



     Lorsque cette ligne du RER se met en grève, c'est un million de personnes qui se retrouve sur le cul, obligées de trouver une nouvelle solution pour pouvoir pointer. Donc forcément: les gens s'énervent mutuellement, font des syncopes dans le métro surpeuplé, gueulent fort et tout le temps. Le groupe de mots qui revient le plus souvent sur toutes les lèvres des exilés du tro-mé est celui-ci: "Cette locomotive électrique est-elle bien en direction de...?" ou bien "le convoi pour Poissy est-il toujours prévu?". Evidemment, nul touriste forcé ne possède de réelles réponses...



calimero4.jpg    Heureusement, rien n'est impossible, tout se finit toujours bien. Et, même l'heure fixée échue, après une expédition de deux heures pour effectuer une route de vingt kilomètres, nous sommes trempés de stress et de sueur, ni contents ni détendus, de devoir tout de même bosser. On feinte de sourire puisque c'est l'esprit encombré, qui se questionne sur le comment du chemin du retour le soir venu que nous progressons.



 
   Tout le jour, on entend dégoiser sur ce mouvement qui renvoit sur les trottoirs un million de résidents de notre ville-Lumière, et nous vient tous une seule et même question existentielle: "Et mon dîner de ce soir?". Voici ce qu'on nomme en style vulgos: une belle journée de merde... qui risque de se renouveler le jour qui suit. Pour une future grève, vive le vélo.




Jeu 10 déc 2009 Aucun commentaire