Blog 'N' Roll

speedy-gonzales.jpg       L'évolution du monde, pour faire vite, c'est une course à la rapidité. Tout a été fait et inventé pour se déplacer plus vite, manger plus vite, mourir plus vite. C'est une question de confort, bien entendu, mais qui a tout de même beaucoup de défauts. La vitesse, c'est bien car cela évite la perte de temps, mais d'un autre côté, cela nous empêche de regarder et de comprendre les choses simples de la vie. Forcément, comme il suffit de décongeler un paquet de frites pour se nourrir, on ne va pas s'emmerder à savoir comment notre cher Antoine Parmentier a pu en instauré les nombreuses vertus fin XVIIIe.



angelique-marquise-des-a-ii01-g    Pour les relations hommes-femmes, c'est un peu la même chose.
Avant, il y avait la drague à long terme, une sorte de slow-dating qui consistait à d'éternels ronds de jambes et mots doux avant de pouvoir espérer un baiser sur la bouche (langue optionnelle). L'amour, c'était avant tout une question de séduction, et on sait tous que ce petit jeu peut durer longtemps. Qu'à cela ne tienne, les hommes rivalisaient d'ingéniosité pour faire chavirer le coeur des demoiselles, et les femmes ont de leur côté pu mettre au point leur célèbre "je suis pas sûre, il me faut un peu de temps pour y réfléchir".



G_drague_metro.jpg   Maintenant, la donne a changé. La faute à la vitesse, la faute à l'évolution. Alors qu'on avait tout notre temps pour échanger des oeillades dans une calèche pendant un Paris-Nantes qui durait deux jours, il faut maintenant être super efficace dès l'entrée dans la rame de métro: repérer, s'asseoir, échanger, communiquer. Du coup, il est facile de comprendre pourquoi les relations hommes-femmes sont de nos jours de plus en plus compliquées à comprendre et à installer.



speed-dating-lille-1.jpg   Heureusement, comme on n'arrête pas le progrès, la technologie vient à notre secours pour freiner la victoire du speed-dating sur le slow-dating. Ainsi, les scientifiques sont partis d'un raisonnement super simple: la relation entre une femme et un homme, c'est tout simplement une série d'équations qui mélangent plusieurs bases de données pour en définir la compatibilité. Si si, c'est facile.



sousdoues_5.jpg      La première solution trouvée est un peu con: le speed-dating, qui consiste à rencontrer un max de personnes dans l'espoir d'en trouver au moins une. C'est un peu comme une pisciculture, en fait. La deuxième est un peu plus élaborée, puisque c'est une méthode qui repose sur des tests de personnalité. En effet, on a remarqué que les personnes qui ont les mêmes goûts s'attirent relativement facilement. La dernière enfin, super recherchée, consiste en l'analyse d'ADN. Ce qui me rend un peu sceptique, parce que je me vois mal aborder quelqu'un en lui disant "regarde mon chromosome 12, il est comme le tien, c'est génial!".



images-copie-9.jpg    Du coup, quand en 2010, on entre dans un bar, toutes ces données se bousculent dans notre tête. Tiraillé entre un héritage culturel qui exige la classe et l'élégance (je suis français, que diable) et le goût pour la modernité qui exige l'efficacité, pas évident de faire la part des choses et de rester focus.



sousdoues_4.jpg     Cette fille-là, par exemple. Châtain, environ 25 ans et plutôt grande, même si c'est difficile à dire puisqu'elle est assise et plutôt loin. L'aisance à la française aurait suffi, il y a quelques temps, à faire le boulot. Je pourrais très bien commander un verre (autre chose qu'une pinte de bière pour plus de glamour), et m'asseoir à côté d'elle, capter la discussion, élégamment y participer et entamer une séance de slow-dating digne de nos ancêtres sans me poser de questions. Qui vivra, verra.




sousdoues 4 - Copie-copie-1      Cela dit, il ne faut oublier l'aspect moderne et efficace, et c'est là que je suis perturbé. Après tout, est-ce que comme moi elle aime les pâtes aux oeufs? A-t-elle déjà touché une guitare de Guitar Hero? Aime-t-elle lire devant la télé? Manger debout dans la rue? Est-ce qu'elle aussi pleure devant Elephant Man?
 Déteste-t-elle le bruit des couverts qui s'entre-choquent? Se lever tôt? Manger léger? Aime-t-elle boire? Fumer? Parler? Danser? Courir? Chanter? Hurler? Et son chromosome 12 alors, comment est-il?



   Toutes ces questions plus incertaines les unes que les autres qui font, que, le moment venu de participer à sa conversation, la seule phrase qui sort est "Moi, j'aime bien les frites".



Dim 17 jan 2010 Aucun commentaire