Blog 'N' Roll

images-copie-25.jpg     Ce qui est bien avec la mode, c'est l'idée de changement. Un peu comme avec les saisons: si on était en été pendant des mois, au bout d'un moment ça nous saoulerait. On en aurait fait le tour des plages, des cocotiers et de transpirer sur un siège de voiture. L'idée de changer tous les trois mois, au moins, a pour avantage de nous surprendre avant qu'on ne se lasse. Le changement sert à ne pas s'enfermer dans la routine et de ne pas laisser les toiles d'araignées se fixer sur nous.



images.jpg        Le problème avec la mode, du coup, c'est qu'à force de changer et de tourner, ça lasse. Un peu comme un manège, ça va bien cinq minutes, mais au bout d'un temps on en vient vite à avoir la gerbe de tourner sans cesse. De la même façon, on peut très vite se lasser des effets de mode, se demandant à quoi ça sert de s'acheter des pompes à la mode si c'est pour se faire traiter d'has-been trois mois plus tard. Alors bien entendu, on peut remiser toutes ses fringues dans l'espoir qu'elles deviennent un jour vintage, mais rien n'est moins sûr.
Très logiquement, la mode touche le monde de la musique, avec beaucoup plus de cruauté. Combien de jeunes chanteurs sont has-been avant même be. Ceci peut tenter de s'expliquer.



images-copie-1.jpg       Le chanteur qui ne dure pas, quelque part, est un chanteur du présent, super dans sa mode. Les exemples foisonnent, de la moustache/mulet de Pierre Billon aux coupes en brosses de Benny B en passant par les t-shirt "coupe du monde 98" du rap-français-génération-Zidane ou les slims des tecktoniks (déjà morts au bout de 6 mois), tout dans leurs apparences transpirent leur époque. Qu'on soit chanteur dans les années 60, 80 ou 90, et si on a le malheur de choisir un style à la mode de son époque, il faut être bien sûr qu'on est foutu au fur et à mesure que le compteur tourne.



sebastientellier.jpg      Sebastien Tellier ne sera jamais has-been, tout simplement parce qu'il n'est pas dans le présent, mais plutôt entre le passé et le futur, ce qui n'est pas tout à fait pareil.
Etre dans le présent en 2010, c'est gueuler contre Sarko, s'émouvoir des tremblements de terre, manger bio, aller voir Avatar, porter des Ray-Ban, parler web 2.0, etc.
Tellier n'est pas dans le présent de 2010, mais dans une zone genre troisième dimension qui n'a pas de vrai début et donc forcément: pas de vraie fin.



images-copie-2.jpg      Musicalement, on est bien loin des vocalises à la Kenza Farah ou des instrus genre Mozart l'opéra rock. En fait, on est entre le temps lointain des synthés-glamour des Beach Boys et autre Aphrodite's Child (le premier groupe de Demis Roussos), et les sons électros futuristes des Daft Punk. Rien de bien vraiment "à la mode 2010", mais plutôt entre les deux. Très entre les deux. Comment voulez-vous être considéré comme has-been alors que vous êtes entre ce qui n'existe plus et ce qui n'existe pas encore?



images-copie-4.jpg     Tous les trois mois, environ, sort un nouveau clip de Tellier, qui chaque fois me fait saliver de joie et m'oblige à écouter encore et encore son album en boucle. L'univers déployé dans ses clips est à l'image de sa musique. Au regard des quatre clips sortis jusqu'ici (Divine, Roche, Kilometer, et le dernier fabuleux, L'Amour et la Violence réalisé par Roman Coppola, le fils de), on est partagé entre de l'ultra-technologique et l'ultra-sensuel.
     Dans Kilometer par exemple, malgrè le son super agressif des synthés, on est abasourdi par le spectacle de
toutes ces gourgandines qui se baladent en culottes en coton. Parce que chez Tellier, le string ficelle des années 2000 n'existe pas, et il nous explique que la culotte en coton est beaucoup plus sex' que le string ficelle (j'en parlerai ici un peu plus tard lors d'un spécial sous-vêtements). Dans son dernier clip, le contraste est le même, entre la succession de plans sur ses instruments plus élaborés les uns que les autres, et l'image façon film TV des années 80 (couleur sépia, déco kitsch, zooms arrière tremblants).



  images-copie-5.jpg      Enfin, Tellier a choisi une apparence qui consolide le tout. On ne voit ni son visage, ni ses yeux, ni sa bouche: seulement une silhouette, ce qui désamorce d'entrée les réflexions du type "merde, encore lui et sa gueule".
Encore une fois, comment se lasser de quelque chose qu'on ne voit pas?
Toutes ces petites choses qui font que Sexuality a été l'album de l'été 2008, de l'été 2009, et sera certainement celui de l'été 2010.



Etre hype sans l'être vraiment, voilà ce qui est vraiment à la mode et à la fois indémodable (mais difficile).


La vache, décidément, Tellier fait partie de ces gars qui provoque en moi le "putain, j'aurais aimé avoir cette idée".


En cadeau-bonus:







 
Mar 26 jan 2010 1 commentaire
Tellier for ever, Tellier forever !
Luscyhl - le 04/02/2010 à 19h16