Blog 'N' Roll
Depuis la nuit des temps, ils fascinent.C'est grâce à eux que l'Homme se tient debout et avance dans le blizzard de la vie sans tomber par terre. Leur configuration ultra-élaborée en fait des socles parfaits sur mesures pour nos corps d'humanoïdes cérébrés. Comme les bras, les mains et les témoins de Jéhova, ils vont par deux, voici donc les pieds.
Tout le monde le sait sans jamais vraiment savoir pourquoi, mais le pied est une zone érogène et érotique de premier ordre. Pourquoi les pieds? That is
the question. Si dans les civilisations orientales la fascination sexuelle pour le pied remonte à l'Antiquité, elle n'est arrivée en Occident que bien plus tard, aux alentours du XIIIe siècle.
J'entends déjà celui du fond crier, Mais pourquoi au XIIIe siècle? Ha ha, c'est pourtant bien simple...
Au XIIIe siècle, il faut bien
savoir que niveau hygiène, c'est pas encore le top. En effet, on aimait renifler les odeurs corporelles, à tel point que se laver était vu comme une marque discourtoise du plus mauvais goût.
Sentir des aisselles, de la bouche et des pieds était l'assurance totale de choper à tous les coups. Il suffit de fermer les yeux et d'imaginer le ballet des fumets pendant les parties de jambes
en l'air, pour en avoir une petite idée, ça vous excite pas vrai bande de petits saloupiauds.
Le problème, c'est que la
science a toujours raison, même quand elle n'existait pas encore. C'est dire. De fil en aiguille, l'hygiène intime de nos ancêtres était tellement déplorable que tout le monde chopait des
maladies vénériennes qu'hélas, on ne savait pas encore guérir (syphilis et compagnie). A force de jouer avec le feu, on se brûle.
Le besoin d'amour physique
étant inhérant à l'Homme qui veut s'accoupler pour se reproduire, ou juste pour passer un moment fun, un gros problème se posait. Du coup, on a essayé de trouver autre chose, et on a réussi,
puisqu'il suffisait de baisser les yeux. Comme les seins et les fesses, les pieds vont par deux, en voilà une bonne nouvelle qui fait bien plaisir. Comme on ne pouvait plus se tripoter, on a donc
commencé à se caresser les pieds, pour se rendre compte que sacrénom de Dieu, c'est quand même assez kiffant.On s'est alors rendu compte que cette fascination pour le pied n'avait rien d'un fétichisme douteux, mais que le pied avait bien son histoire, et qu'il n'y avait pas de mal à prendre son pied (ho ho, forcément).
Dans l'Antiquité grecque, par exemple, le pied était le symbole de la parfaite proportionalité de l'Homme, et donc de son esthétique (encore une fois, un corps beau est un corps bien proportionné, c'est les grecs qui l'ont dit). Et puis bien entendu, comme on le disait plus haut: la civilation orientale, qui d'ailleurs, pensait réfréner la sexualité des femmes (et donc les rendre fidèles) en empêchant leurs pieds de grandir (et donc leur faire chausser du 27). Sans oublier Cendrillon, of course.
C'est avec ses quelques idées mêlant Histoire et érotisme dans la tête que nous voilà à Paris, dans le Xème, pas loin dans ma rue, devant une vitrine assez troublante, seulement constituée d'un rideau qui ne laisse jamais rien paraître de l'intérieur de l'échope:

Dans la série Paris-est-une-ville-merveilleuse-mais-parfois-bien-étrange, je demande la cousine éloignée, Berthe (aux grands pieds, évidemment). Rien de bien énorme dans le fait de voir une boutique de semelles podologiques, mais quand même, quand on s'approche et qu'on essaie de lire le nom mi-turque-mi-serbe-mi-langage-à-consonnes, on commence à se poser pas mal de questions:
Monsieur Skfremgtqidk fabrique donc des
chaussures très très spéciales. Derrière son rideau tout le temps fermé, il passerait ses journées à façonner des chaussures en cuir bizarre taille 68, ou bien des
chaussures-pour-adultes-qui-font-du-2, ou bien des chaussures pour gens-sans-pieds.Alors oui, je sais bien, je me fais un monde d'un rien, mais tout de même. Les géants qui lui commandent tout ça, où sont-ils? Que font-ils? Habitent-ils tous entassés dans la petite maison dont nous avons déjà parlée? Sont-ils en tournée dans le monde entier? Monsieur Skfremgtqidk serait-il le dernier chausseur de l'extrême? Un maître de la sexualité des pieds?
Mystère et boule de gum, puisque depuis près de 7 mois que j'habite à Paris, je n'ai encore jamais vu ni client, ni Skfremgtqidk. Et pourtant, je l'attends de pied ferme, ai bon pied bon oeil, garde les pieds sur terre, y travaille d'arrache-pied, etc, etc.
Mar 16 fév 2010
1 commentaire
Une fausse vitrine masquant un sex shop clandestin?
Skinny - le 17/02/2010 à 15h13
C'est possible, un sex shop spécialisé dans le feet-fucking, où les clients se rendent la nuit... Qui sait?
Nico