Blog 'N' Roll
La télé moderne doit absolument tout aux séries américaines. J'ai la flemme de vérifier, mais il me semble bien qu'après les diffusions de films à succès
(Titanic et le Corniaud), les séries télé obtiennent les plus grandes part d'audience, faudrait demander à Morandini. Nous en Europe, on n'a pas grand chose, si ce n'est
Tatort, Plus Belle la vie ou Un gars/Une fille. Pas de quoi sauter de joie, on est bien d'accord. Comme dirait Michel, "Ah, si les Ricains n'étaient pas là", on se
taperait encore du Derrick.
Déjà gamin, j'adorais les séries américaines, rêvant secrètement d'arborrer
la coupe mulet aussi fièrement que Mac Gyver. D'ailleurs, j'avais même eu un super couteau suisse, un peu semblable à celui de Mac.Armé de mon couteau-suisse, rien ne pouvait m'arriver, et j'adorais me perdre dans les bois en plein jour afin de chasser moi-même ma nourriture du soir, confectionnant des pièges comme dans la pub Herta (de l'époque). Quand on fredonne la musique du générique de Mac Gyver, y'a pas à dire, la vie est tout de suite bien plus excitante, et tout ce que vous faîtes prend une dimension épique: essayez de visser un boulon en fredonnant cette musique, et vous ressentirez aussi cet état d'extrême satisfaction.
Malheureusement, je ai jamais été très adroit avec un couteau suisse, ni avec aucun outil de bricolage, et je rentrais bien souvent chez moi en courant, les doigts en sang, traversant le village en hurlant ma mère. Qu'à cela ne tienne, puisque trois épisodes plus tard, j'étais reparti dans le bois, moi aussi je peux faire des trucs avec un couteau suisse. Après tout, même Mac Gyver connaissait des petits moments de doute, et avoir des pansements sur les doigts, quand on est gosse, nous donne l'impression qu'on est un dur à cuire.
Quand
j'ai découvert l'Agence Tous Risques, ce fut exactement le même cinéma, sauf que cette série offrait plus de possibilités. Comme il y avait plus de personnages que dans Mac
Gyver, on pouvait à loisir se prendre pour Looping, Futé, Hannibal ou, dans les jours de grande forme, Barracuda. Et puis, mon frère avait grandi, et il était temps de l'initier à mes jeux
d'enfants cruels, si si fais-moi confiance, saute, et pis t'as pas le choix c'est moi qui fais Hannibal aujourd'hui tu dois m'obéir, etc.Mon frère, que j'avais déguisé avec des chaînes de vélo pour plus de réalisme, sautait donc du lit-du-haut, pour s'éclater sur le bureau ou sur le pouf-poire cher à nos années 80. Le chien, effrayé, n'avait plus qu'à se rendre, et, malgré quelques tentatives désespérées pour traverser la baie vitrée, l'affaire était pliée. J'aime quand un plan se déroule sans accros.
Une petite vingtaine d'années plus
tard, rien n'a changé, si ce n'est que les séries américaines ont su évoluer avec leur temps. La série ricaine que je préfère, loin loin loin devant les autres, c'est Lost (intraduisible
en français, hélas). Grâce à Lost, je retrouve ma naïveté d'enfant des eighties, ne sachant pas vraiment faire la différence entre fiction et réalité.Quand j'arrive à comprendre un épisode de Lost, je replonge dans un état d'euphorie mêlé d'auto-satisfaction, comme quand Barracuda explosait la mâchoire d'un mec avec le petit doigt. C'est le seul petit souci de Lost: il est parfois obligé de passer quelques temps sur les foroms de discussion pour comprendre un épisode, ha oui mais c'est bien sûr.
Dans la rue, comme les personnages de Lost, il m'arrive parfois de me demander si toute cette réalité qui nous entoure est bien réelle, si en fait je ne serais pas manipulé par des forces supérieures qui se font la guéguerre. C'est certainement Jacob qui fait systématiquement disparaître une chaussette sur deux quand je vais à la laverie, et quand je vois un obèse au volant d'un mini-bus, je ne peux pas m'empêcher de penser "Woo putain, comme dans Lost".
Cela dit, inconsciemment, j'ai aussi parfois l'impression que, quand j'attends un coup de fil, je revis un épisode de Derrick, ou de Plus Belle la Vie quand je me régale d'écouter les conversations au Napoléon, le bistrot d'en bas. Mais ceci est une autre histoire.
Jeu 18 fév 2010
1 commentaire
Et la quatrième dimension?..The twilight zone.....
agnesp - le 20/02/2010 à 09h15