Blog 'N' Roll
En 1967, déjà, les Etats-Unis connnaissaient une grande période de crise. A force d'envoyer du pognon et des gens au Viet Nam, forcément, on s'est rendu
compte que l'arbre-à-thunes n'existait pas.Comme du coup, il fallait quand même trouver de l'argent, on s'est dit qu'on supprimerait des postes dans l'éducation, qui ne pèse finalement pas bien lourd dans la balance face à un cargaison de M-16. Whatever.
En 1967 donc, Joël
Sternheimer, brillant docteur français en physique théorique de 23 ans, voit son poste d'assistant à l'université de Princeton supprimé."C'est bien la peine de se faire chier à trouver des postes dans de grandes universités si c'est pour se faire aussitôt virer, se dit-il, c'est toujours les mêmes salades, on a plus besoin de militaires que de chercheurs tout ça me fait gerber". En bon français, Joël était un grand râleur devant l'éternel.
Il est donc grand temps pour
Joël de changer son fusil d'épaule, la recherche américaine se passant momentanément de ses services. Ingénieur-docteur en physique théorique, il n'y a pas de raison qu'il ne trouve pas un autre
job, pensa-t-il, y'a qu'à voir Antoine qui s'enrichit à vue d'oeil alors qu'il ne sait même pas compter jusqu'à dix. Pendant les vacances de Noël, il rentre donc à Paris pour essayer de faire sa
place dans la musique, après tout y'a pas de raison. Joël, malgré ses 23 ans, était vraiment un gros râleur.
Seulement, dans l'industrie de la musique de la fin des années 60, drogues, alcool, liberté et compagnie, pas facile de trouver sa place quand on a un diplôme d'ingénieur.C'était sans compter notre bon Joël qui, toujours prolixe en idées saugrenues, pond un disque magique qui séduit immédiatement la maison de disques Disc'AZ, producteurs entre autres de Motorhead, Brigitte Bardot, Christophe, Diane Tell, etc. Que du lourd, il ne manquait plus que Joël.
Sa
chanson "Connais-tu l'animal qui inventa le calcul intégral?" se veut être un dialogue tout en finesse mathématique et littéraire entre un oiseau et un dinosaure, (pourquoi pas) à mi-chemin entre
le surréalisme et une soirée trop arrosée à l'armagnac.Forcément, à une époque où on ne fumait pas que du tabac et où on ne buvait pas que du lait, "Connais-tu l'animal..." rencontre un énorme succès.
Hasard de l'Histoire,
l'année suivante, c'est mai 68, ce qui pousse Joël/Evariste à reprendre sa guitare, pour lâcher à la gueule du pouvoir des chansons pleines de dérision politique que n'aurait pas renier
Renaud.Par ce concours de circonstances entre la guerre du Viet Nam, la physique théorique et le calcul intégral, Evariste devient une personnalité amusante et amusé du conflit soixante-huitard. A partir de là, tout s'enchaîne, puisqu'il intègre la bande du professeur Choron à Hara-Kiri, se liant d'amitié avec les contestaires les plus brillants de son époque.
Du coup, ses disques se vendant
bien, Evariste peut alors redevenir Joël et poursuivre ses recherches scientifiques de façon autonome. Original jusqu'au bout des doigts, il était persuadé qu'on pouvait trouver un air ou une
chanson qui favoriserait la croissance des végétaux.Je vous passe les détails, mais à force de chanter Au clair de la lune aux marguerites, il a finalement trouver une séquence plus ou moins musicales qui accélérait la croissance des particules.
En 1983, il dépose donc le brevet de son piano à particules, avant d'y ajouter une application pour la guitare, plus pratique et sympa: c'est la naissance de la musique biologique, la protéodie.
Toujours aussi provocateur et râleur, Joël s'est marié à Seix, en Ariège, où il vit toujours et poursuit ses expériences musico-scientifiques (ici, son expérience du jardin musical, qui ferait pâlir tout bon prof de bio qui se respecte), à l'aide de quelques fans et autres potes scientifiques.
Sam 27 fév 2010
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