Blog 'N' Roll

images-copie-78.jpg      Clément Ader n'était pas la moitié d'un branleur. En effet, peu de gens sur terre peuvent se targuer d'être des branleurs productifs ayant significativement amélioré la vie de ses concitoyens. Clément Ader, dans cette catégorie très privée du branleur utile, fait figure de pape.
      C'est en 1867, alors qu'il a environ 25 ans, en pleine force de l'âge, que Clément Ader a le déclic. A cette époque, c'est l'exposition universelle à Paris, ce qui force Clément, fan de maths et d'inventions, à quitter sa région toulousaine natale pour aller y jeter un coup d'oeil.




200px-Clement_ader-_1891.jpg          Sur place, il tombe amoureux des vélocipèdes (l'ancètre du vélo, quoi) d'un certain Michaux. "Enfin, se dit-il, un truc qui sert à se déplacer sans marcher, putain c'est génial j'en veux un". Effectivement, le vélo représente une avancée de premier ordre dans la vie du branleur qui déteste user ses pompes, et privilégie l'efficacité au reste.
       Clément, qui n'était pas non plus la moitié d'un con, décide d'ajouter des bandes en caoutchouc aux roues en fer, pour plus de confort. Parce que le branleur a quand même une notion tout particulièrement exigeante du confort. C'est ainsi que naquit le vélo moderne tel qu'on le connaît aujourd'hui et qui, chose étrange, sert même à faire du sport, on aura tout vu, Clément doit se retourner dans sa tombe pendant le Tour de France.



  images-copie-80.jpg      Dans sa quête de rendre les choses moins chiantes pour les gens qui n'ont pas envie de se faire chier, Clément Ader voit plus loin, plus haut, plus vite. Pour se rendre d'un point à un autre sans s'emmerder avec les embouteillages ou les crampes aux mollets, il décide de réaliser un vieux rêve d'enfant: voler comme un oiseau qui déploie les ailes de la liberté dans le ciel azuréen, lâchant sans vergogne ses fientes sur les pauvres gens qui bossent.



180px-Adér1       Fan des oiseaux et autres animaux qui volent, Ader construit dans les années 1880-1900 sur le modèle de la chauve-souris plusieurs prototypes, sobrement appelés Avion, Avion II et Avion III. Naïvement, Clément se dit que si on arrive à reproduire parfaitement le vol de la chauve-souris et la forme de ses ailes, alors on devrait voler, y'a pas de raison, il suffit de pouvoir imaginer une chauve-souris de 150 kg.

     En fait, toutes ces tentatives ne furent pas vraiment convaincantes, pour des raisons finalement très connes. Car ce que Clément ignorait, c'est que d'autres avant lui s'étaient lancés dans l'aventure de l'avion, avec beaucoup plus de précision technique. En effet, voler, c'est pas si facile, tout est une question de sustentation, d'équilibre, et de mécanique de vol. Beaucoup trop d'informations pour notre Clément, qui avait autre chose à foutre que de se plonger dans des traités de physique, on a qu'à dire que ça existe pas.



images        Du coup, victime de sa flemme, Clément Ader, quoique proche du but à la base, n'a pas pu réaliser le premier vol de l'homme. En effet, même si tout le monde commençait un peu à lui dire de se documenter sérieusement sur le travail de ses prédécesseurs. Notre toulousain a toujours préféré se fier à sa conception naturelle et romantique de la chauve-souris de 150 kg. Visionnaire, inventeur, mais avant tout un gros branleur romantique.
        Finalement, c'est en 1903 qu'eut lieu le premier vol motorisé, par deux frères qui, en revanche, s'étaient archi-documentés et avaient réalisé quelques 700 essais avant de se lancer. Clément n'aurait jamais pu tenir.



Vestige de l'esprit de Clément Ader, le branleur 2.0 aime aussi prendre l'avion. Les aéroports sont remplis de milliers de gens qui veulent à tout prix gagner du temps pour se caler plus vite chez eux (ou en vacances, et là c'est pire). Se promener dans un aéroport est une activité de glande très drôle, que je conseille à tout le monde. Dans un aéroport, on ne fait rien, on boit des cafés au litre, on fait la queue pour rien, on se déshabille pour se rhabiller, on marche sans savoir où on va, aiguiller par des personnes qui elles-mêmes n'en savent rien. Du coup, la notion du temps est bouleversée dans les aéroports, le retard est chose commune.

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Mais bon, faut pas s'en étonner, Clément en aurait surement été fier.


Mer 10 mar 2010 Aucun commentaire