Blog 'N' Roll

images-copie-21.jpg      Paris est une ville marathon. Quand on habite Paris, on est toujours pressé d'aller quelque part ou d'en revenir. C'est un truc qui est dans l'air parisien et dans les gènes de tous les habitants. A Paris, jamais on ne prend son temps, il faut toujours marcher rapidement, parler rapidement, faire ses courses rapidement, etc. L'avantage, c'est que mine de rien on fait du sport. L'inconvénient, c'est qu'en fait, le stress nous pourrit la santé. Après tout, on peut pas tout avoir non plus.



images-copie-22.jpg      Marcher dans Paris, c'est donc marcher par peloton. Comme au Tour de France, on marche par groupes de quinze personnes, les uns derrière les autres, sauf que le paysage est moins rafraîchissant. En tête de peloton se trouvent les parisiens pros qui bousculent tout le monde, suivis de près par les jeunes. Les vieux ou les gens qui rentrent les bras chargés de sacs Franprix ferment généralement la marche en tirant la langue.



images-copie-23.jpg      Dans le métro, c'est la même chose. On speed pour attraper sa correspondance, et surtout, on speed parce que les mecs derrière et devant nous marchent vite, il n'est pas question de s'arrêter sinon la moitié de Paris vous marche dessus. Comme dans les rues étroites de Venise, il faut bien faire gaffe de garder sa droite pour éviter les collisions avec les pelotons qui marchent (vite, aussi) en sens inverse, sauf que le paysage (encore) est moins (encore) rafraîchissant.



pauvre_fille.JPG      Heureusement, il y a du positif dans tout ça: le cul des parisiennes façonné par ces milliers d'heures de marche en talons aiguilles sur les grands boulevards parisiens. C'est le principe de l'âne et la carotte: les fesses des parisiennes qui marchent vite nous font, aussi, marcher vite sans trop y penser. C'est plutôt bien joué pour le coup, rien que samedi dernier, j'ai fait quatorze bornes rien qu'en en suivant une, jusqu'à ce que je m'aperçoive que j'étais perdu à l'autre bout de la ville. Bref.



     Arrêtons là les clichés, parce qu'à Paris, parfois, on attend. On s'arrête parfois de marcher et de stresser, si si, je vous assure que ça arrive. Ces rares moments, on les vit en attendant son RER. Enfin, quand on a bien tracé pour ne pas le rater, il se peut qu'on arrive à peine en avance... Du coup, on a, l'espace de quelques minutes, le temps de déstresser un peu et de s'étirer les crampes aux mollets.



Dans les gares de RER (comme dans les stations de métro), la RATP a bien fait les choses pour nous aider à patienter. Profitant de ces quelques instants de répit, la RATP nous propose de nous distraire et de nous changer les idées. Alors on souffle, on s'interroge sur le pourquoi, sur le comment, de façon qu'on arrive parfois à oublier qu'on est sous-terre, dans un endroit qui pue le souffre, la transpi et la gerbe. Exemple d'affiche en 4 x 3 sur le quai du RER A:


Bayonetta.jpg


    La pleine lune, la nuit, les nuages légers qui flotte dans un air parfait, des plumes de colombe qui virevoltent deçà delà au vent mauvais... On se prend donc à s'auto-hypnotiser, les yeux dans la vide et la bouche ouverte, rêvant d'ailleurs en se disant que décidément, une paire de fesses comme ça, il faut qu'elle soit dessinée pour qu'on puisse y croire. A moins que ce soit fait exprès. A moins qu'elle soit parisienne. A moins que je devienne fou. A moins que ce soit Paris qui me rende fou.


Mar 16 mar 2010 Aucun commentaire